Premier jour :
Le départ est boueux. Il est 10h et nous avons déjà pris un peu de retard. Derrière nous, sans même que nous y prêtions attention, la civilisation s'éloigne lentement.
(Pause de midi)
La première étape devait idéalement nous mener au gite de Mateliane.
La trace, d'abord large, se rétrécis bientôt à tel point que nous devons régulièrement dégager le passage à coups de machette.
Le soleil, brillant au départ, fais vite place aux nuage au fur et à mesure de notre progression. Le temps pluvieux de ces derniers jours nous à préparé de vraie mares de boue qu'il nous faut contourner... La journée est tout de même belle, les paysages superbes et le moral est bon.
(*)
Puis la journée avance. J'ai des difficultés à nous repérer sur la carte et nous ne semblons pas avancer aussi vite que prévu.
La fatigue s'installe.
(*)
Marcher ! Porter le poids de son sac ! Marcher toujours ! Repousser ses limites ! Marcher ! Lutter contre la fatigue ! Marcher ! S'extirper de la boue ! Marcher jusqu'à l'épuisement ! Tomber et se relever ! Marcher encore ! Marcher jusqu'à ce que tes jambes refusent de te porter... et continuer !
Le plaisir à l'état pur ! Shooté à l'endorphine !
Marcher à force de volonté !
Marcher avec l'espoir que ceux qui te suivent puisent en toi le courage de trouver encore la force d'avancer !
Et, à la nuit tombée, accepter de renoncer, accepter la défaite de ne pas atteindre son objectif.
Nous installons le bivouac au dessus d'un des ces passages qui nous ont ralentis et épuisés tout au long de notre marche : boueux mais abrités par des arbres solides qui accepterons nos hamacs. Le froid nous prend vite et le simple bonheur d'enfiler des vêtement secs nous redonne l'énergie qui nous manquait encore pour faire cuire le repas. Jamais des pâtes n'auront été aussi savoureuses.
La pluie tombe sur nos bâches, nous berçant doucement.
Second jour :
Nous reprenons la marche bien moins courbaturés que ce a quoi nous nous étions attendus. Il est 11h et la nuit nous a permis de bien nous reposer.
Il nous faut 45 minutes pour atteindre le refuge... C'est rageant mais marcher de nuit sur les crêtes de Guadeloupe est un risque à ne pas courir. Nous avons arpenté la veille au soir des passages de quelque mètres de large, ne laissant sur nos côté que deux à pics d'une brumeuse incertitude... La vue doit être magnifique par temps clair. Magnifique et incroyablement angoissante !
Nous décidons de faire notre pause repas ici. C'est déjà ça...

Le trajet devait initialement nous mener des sources sulfureuses de Sofaïa au nord de la Basse Terre, vers la troisième chute du Carbet au sud, en passant par les Mamelles et la Soufrière. Nous avions déjà révisé notre idée avant le départ : cela ne semblais pas réalisable en 3 jours et nous étions alors parti de Vernou, à peu près à mi-chemin. Au vu de notre progression, nous avons décidé de réduire encore et de fixer le point d'arrivée à Matouba : premier point de civilisation accessible.
Après le repas de midi, le ciel bien plus dégagé que la veille nous offre quelques vues magnifiques.
Nous rejoignons enfin le GR G1. La portion que nous empruntons est littéralement taillée à flan de montagne. Il nous faut par deux fois emprunter des échelles que la vaillante Doucoune arrive tout de même à contourner sans trop de difficultés.
A 17h, nous avons atteint le col de la vallée Touchard. L'herbe moelleuse et la fatigue nous incitent, malgré quelques doutes sur le bien fondé d'un tel emplacement, à construire un abri de branches et de bâches.
Le coup est classique : un double arc en ciel aussi bref que magnifique vient nous annoncer gentiment le grain imminent. La charpente n'est même pas encore finie...
Nous terminons l'abri sous une pluie battante et c'est avec soulagement que nous nous installons au sec. Malgré les doutes nous n'imaginons pas vraiment que nous allons passer la pire nuit de notre existence (au moins!). La pluie ruisselante, alliée au vent froid qui menacerait de détruire notre abris en se glissant dans le moindre interstice allais nous tenir éveillés et humides toute la nuit.
Troisième Jour :
Tant bien que mal, notre abri à tenu le choc et les quelques dizaines de minutes de sommeil grappillées par-ci par-là nous permettent de reprendre la route. Il pleut un peu mais cela ne dure pas et rapidement le temps se lève, dégageant une vue hors du commun partout où nos yeux se posent. Au loin la mer dégage une lumière d'un bleu profond, et les montagnes proches renvoient en longs échos nos cris de joie émerveillés. La nature vierge et sauvage nous offre brute toute sa splendeur !
La traversée de la Savane aux Ananas, un plateau perché à 1000m d'altitude, nous fait renouer avec les joies des mares boueuses parsemant le chemin. Sur notre gauche la plaine encaissée de la Grande Rivière de la Capesterre, fermée par un grand canyon nous fournit déjà l'objectif d'une prochaine excursion...
La descente se fait sans histoires par un chemin fréquenté où il n'est pas besoin de choisir chacun de ses pas.
Sonia et Simon nous attendent à l'arrivée et, après un court bain dans la rivière de Matouba réputée la plus froide de Guadeloupe, nous retournons à la civilisation.
Durant ces trois jours nous n'avons rencontré qu'une demi-douzaine de marcheurs : une petite famille dans la dernière heure du parcours.
Je n'aurais jamais cru un jour ressentir du bonheur à voir une ville surgir au détour d'un chemin...
(Les photos marquées d'un (*) ont été prises par Audrey ou son appareil. Le temps à passé depuis cette excursion avec Audrey, Jérôme, Manuel, William et Doucoune. Forts de notre expérience nous préparons une nouvelle marche. Moins sportive peut être, mais tout de même...)
Le départ est boueux. Il est 10h et nous avons déjà pris un peu de retard. Derrière nous, sans même que nous y prêtions attention, la civilisation s'éloigne lentement.
(Pause de midi)
(Les sandales de Manu... faute de mieux)
La première étape devait idéalement nous mener au gite de Mateliane.
La trace, d'abord large, se rétrécis bientôt à tel point que nous devons régulièrement dégager le passage à coups de machette.
Le soleil, brillant au départ, fais vite place aux nuage au fur et à mesure de notre progression. Le temps pluvieux de ces derniers jours nous à préparé de vraie mares de boue qu'il nous faut contourner... La journée est tout de même belle, les paysages superbes et le moral est bon.
Puis la journée avance. J'ai des difficultés à nous repérer sur la carte et nous ne semblons pas avancer aussi vite que prévu.
La fatigue s'installe.
(*)
Marcher ! Porter le poids de son sac ! Marcher toujours ! Repousser ses limites ! Marcher ! Lutter contre la fatigue ! Marcher ! S'extirper de la boue ! Marcher jusqu'à l'épuisement ! Tomber et se relever ! Marcher encore ! Marcher jusqu'à ce que tes jambes refusent de te porter... et continuer !
Le plaisir à l'état pur ! Shooté à l'endorphine !
Marcher à force de volonté !
Marcher avec l'espoir que ceux qui te suivent puisent en toi le courage de trouver encore la force d'avancer !
Et, à la nuit tombée, accepter de renoncer, accepter la défaite de ne pas atteindre son objectif.
Nous installons le bivouac au dessus d'un des ces passages qui nous ont ralentis et épuisés tout au long de notre marche : boueux mais abrités par des arbres solides qui accepterons nos hamacs. Le froid nous prend vite et le simple bonheur d'enfiler des vêtement secs nous redonne l'énergie qui nous manquait encore pour faire cuire le repas. Jamais des pâtes n'auront été aussi savoureuses.
La pluie tombe sur nos bâches, nous berçant doucement.
Second jour :
Nous reprenons la marche bien moins courbaturés que ce a quoi nous nous étions attendus. Il est 11h et la nuit nous a permis de bien nous reposer.
Il nous faut 45 minutes pour atteindre le refuge... C'est rageant mais marcher de nuit sur les crêtes de Guadeloupe est un risque à ne pas courir. Nous avons arpenté la veille au soir des passages de quelque mètres de large, ne laissant sur nos côté que deux à pics d'une brumeuse incertitude... La vue doit être magnifique par temps clair. Magnifique et incroyablement angoissante !
Nous décidons de faire notre pause repas ici. C'est déjà ça...
Le trajet devait initialement nous mener des sources sulfureuses de Sofaïa au nord de la Basse Terre, vers la troisième chute du Carbet au sud, en passant par les Mamelles et la Soufrière. Nous avions déjà révisé notre idée avant le départ : cela ne semblais pas réalisable en 3 jours et nous étions alors parti de Vernou, à peu près à mi-chemin. Au vu de notre progression, nous avons décidé de réduire encore et de fixer le point d'arrivée à Matouba : premier point de civilisation accessible.
Après le repas de midi, le ciel bien plus dégagé que la veille nous offre quelques vues magnifiques.
Nous rejoignons enfin le GR G1. La portion que nous empruntons est littéralement taillée à flan de montagne. Il nous faut par deux fois emprunter des échelles que la vaillante Doucoune arrive tout de même à contourner sans trop de difficultés.
A 17h, nous avons atteint le col de la vallée Touchard. L'herbe moelleuse et la fatigue nous incitent, malgré quelques doutes sur le bien fondé d'un tel emplacement, à construire un abri de branches et de bâches.
Le coup est classique : un double arc en ciel aussi bref que magnifique vient nous annoncer gentiment le grain imminent. La charpente n'est même pas encore finie...
Nous terminons l'abri sous une pluie battante et c'est avec soulagement que nous nous installons au sec. Malgré les doutes nous n'imaginons pas vraiment que nous allons passer la pire nuit de notre existence (au moins!). La pluie ruisselante, alliée au vent froid qui menacerait de détruire notre abris en se glissant dans le moindre interstice allais nous tenir éveillés et humides toute la nuit.
Troisième Jour :
Tant bien que mal, notre abri à tenu le choc et les quelques dizaines de minutes de sommeil grappillées par-ci par-là nous permettent de reprendre la route. Il pleut un peu mais cela ne dure pas et rapidement le temps se lève, dégageant une vue hors du commun partout où nos yeux se posent. Au loin la mer dégage une lumière d'un bleu profond, et les montagnes proches renvoient en longs échos nos cris de joie émerveillés. La nature vierge et sauvage nous offre brute toute sa splendeur !
La traversée de la Savane aux Ananas, un plateau perché à 1000m d'altitude, nous fait renouer avec les joies des mares boueuses parsemant le chemin. Sur notre gauche la plaine encaissée de la Grande Rivière de la Capesterre, fermée par un grand canyon nous fournit déjà l'objectif d'une prochaine excursion...
La descente se fait sans histoires par un chemin fréquenté où il n'est pas besoin de choisir chacun de ses pas.
Sonia et Simon nous attendent à l'arrivée et, après un court bain dans la rivière de Matouba réputée la plus froide de Guadeloupe, nous retournons à la civilisation.
Durant ces trois jours nous n'avons rencontré qu'une demi-douzaine de marcheurs : une petite famille dans la dernière heure du parcours.
Je n'aurais jamais cru un jour ressentir du bonheur à voir une ville surgir au détour d'un chemin...
(Les photos marquées d'un (*) ont été prises par Audrey ou son appareil. Le temps à passé depuis cette excursion avec Audrey, Jérôme, Manuel, William et Doucoune. Forts de notre expérience nous préparons une nouvelle marche. Moins sportive peut être, mais tout de même...)
Morfidable tout ça...Mention spéciale à l'effort particulier fait sur les LONGS commentaires. Et pour les photos du photographe dont on découvre la chevelure de plus en plus conséquente elle aussi!
RépondreSupprimer(:
Le détail qui tue : l'aventurier avec un tee shirt Heineken !
RépondreSupprimerComme toujours, lire ton blog me transporte pendant quelques minutes... en attendant de te revoir enfin dans quelques semaines maintenant ! :D
tout et plus encore...
Collector en plus : c´est Heineken Guadeloupe! Le marketing a atteint les confins du bout du monde :) Mais merci à ce t-shirt qui m´a épargné bien des coups de soleil en PMT (non, vraiment, le look classe ultime)
RépondreSupprimerSalut c'est Cléo, la meilleure amie de Marie.
RépondreSupprimerSuperbes photos, j'ai hâte de voir ça par moi-même quand je viendrai vous rendre visite :-) Ca me change de Paris...